La révelation s'est faite hier soir, alors que je regardais l'émission 20h10 pétantes sur le feu canal+. Stephane Bern l'avait annoncé, "le live de la soirée c'est Seu Jorge".

Ce nom m'était drôlement famillier et pour cause, c'était un des tous premiers noms annoncés au festival de werchter. Curieux, j'attendais donc avec impatience la prestation de l'artiste.

Et ce fut un émerveillement.
Le bonhomme arriva, guitare à la main et rastas sur le tête, accompagné d'un clarinetiste, pour une session acoustique salsa-blues d'une finesse incroyable.

Avec un rythme insolent et décontracté, la voix grave posée sur un groove puissant, le tout adoucit par la clarinette dans une musique terriblement world et entrainante, j'étais séduit.
Et le public semblait l'être aussi, chantonnant des "lalala" à l'unission, faute de pouvoir comprendre le portugais. Le brésilien tenait l'ambiance quasiment tout seul avec sa guitare et restait vraiment crédible.

Il était temps que je prenne mes renseignements, et apparement, Seu Jorge n'en est pas à son coup d'essai.
Cet homme est un artiste très complet et très célèbre au Brésil. Il est à la fois chanteur, auteur compositeur, danseur et acteur. On a d'ailleurs pu le voir en 2002 dans "Cidade de Deus" de Fernando Meirelles, considéré comme un des meilleurs films brésiliens et récompensé de nombreuses fois.

Aujourd'hui, l'homme originaire des quartiers pauvres de Rio sort un nouvel album, "CRU", et tente de lancer son funk latin sur le continent européen. Et il ne faut pas passer à côté, c'est très agréable de voir des artistes comme lui, issus de cultures différentes, qui parviennent réellement à faire passer quelque chose dans leur musique.

Son cas m'a rappelé Keziah Jones qui, il y a quelques années, avait imposé en Europe son Blues magistral du Nigeria.
Je ne peux que souhaiter à Seu Jorge autant de succès et j'encourage tous ceux qui passeront par la pyramide de Werchter début juillet de venir écouter cet artiste hors du commun. En tous cas, moi j'y serai.